Cérémonie d’ouverture des Journées Théâtrales 77

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Cérémonie d’ouverture des Journées Théâtrales 77

Journées Théâtrales 77

La douzième édition des Journées Théâtrales 77, la première à dimension internationale, s’est ouverte mercredi 10 juin 2026 au Cinémadart, dans une ambiance marquée par une présence artistique de grande qualité.

La soirée inaugurale a débuté avec une prestation musicale de l’artiste Dorra Ellouze, avant que Farah Yaacoubi, jeune comédienne issue de l’École 77 et maîtresse de cérémonie, ne monte sur scène pour souhaiter la bienvenue au public présent, aux artistes, acteurs culturels, formateurs, étudiants de l’École 77 ainsi qu’à leurs familles.

Avant d’inviter Afraa Gaâdane, directrice des Journées Théâtrales 77, à prononcer son allocution, une vidéo rétrospective a été projetée, retraçant les étapes marquantes du parcours de l’École 77, une aventure faite de passion, de travail et d’une quête constante d’excellence.

Dans un hommage empreint de reconnaissance à son maître, Moez Gdiri, fondateur de l’École 77, Afraa Gaâdane a exprimé sa fierté d’appartenir à cet espace culturel indépendant ainsi que sa gratitude pour la confiance qui lui a été accordée. Elle a souligné l’évolution des Journées Théâtrales 77, passées d’un festival consacré aux projets de fin de formation à une plateforme internationale accueillant spectacles, créations scéniques, ateliers de formation et rencontres professionnelles. Une évolution qui, selon elle, confirme que la rigueur, l’ambition et le désir permanent d’apprendre constituent les véritables clés de la réussite et de la pérennité.

Prenant ensuite la parole, Moez Gdiri, président des Journées Théâtrales 77, a choisi de revenir sur ses premiers pas dans l’univers du quatrième art avant son entrée à l’Institut Supérieur d’Art Dramatique. Il a tenu à saluer le rôle déterminant du grand artiste Ahmed Snoussi dans sa découverte du théâtre et de lui-même à travers la scène. Il a également insisté sur l’importance de la formation dans la continuité du mouvement théâtral tunisien et sur la nécessité d’accompagner les jeunes talents, affirmant : 

« Mon objectif n’est pas de former un acteur, mais de former un être humain qui découvre sa propre identité à travers le théâtre. »

À cette occasion, Moez Gdiri a annoncé le lancement de « LAB 77 », un laboratoire destiné à accompagner de jeunes auteurs et metteurs en scène. L’œuvre retenue à l’issue de ce cycle intensif de formation constituera le spectacle d’ouverture de la treizième édition des Journées Théâtrales 77, prévue en juin 2027.

Le président du festival a également adressé des mots de reconnaissance aux personnalités honorées de cette édition : Taoufik Jebali, Mouna Noureddine, Mohamed Moumen et Faouzia Mezzi. Il a rappelé le rôle essentiel de la critique dans l’accompagnement de la création artistique, déclarant que « le critique accueille le metteur en scène et lui confère une légitimité d’existence ; la lumière ne peut exister sans un regard pour la voir, pas plus qu’une œuvre ne peut s’accomplir sans une intelligence pour la lire et un cœur capable d’en dire la vérité ».

La cérémonie des distinctions s’est ouverte par un hommage rendu à la grande critique Faouzia Mezzi, dont Moez Gdiri a salué la contribution à l’écriture journalistique, la qualifiant de « boussole » et de « mémoire vigilante ». Très émue, la critique a exprimé sa fierté de recevoir cette reconnaissance au sein d’un espace culturel indépendant consacré à la formation, au changement et au développement de la conscience artistique.

L’hommage s’est poursuivi avec le critique Mohamed Moumen, présenté comme une référence et une mémoire vivante du théâtre tunisien. Compagnon des grandes mutations théâtrales des années 1960 et 1970, il a écrit sur plusieurs générations d’artistes, laissant une empreinte durable dans l’histoire du théâtre. Touché par cette distinction, il a confié qu’elle ravivait en lui le désir de poursuivre sa passion : écrire sur le théâtre.

L’hommage rendu au grand homme de théâtre Taoufik Jebali revêtait une dimension toute particulière pour Moez Gdiri, dont le parcours de formation a débuté à « El Teatro ». Évoquant cette influence fondatrice, il a déclaré : « À une époque où la scène semblait enfermée entre quatre murs, il était une porte ; à une époque où le rêve paraissait inaccessible, il en fut le commencement. » Il a également rappelé le soutien constant de Taoufik Jebali et de Zeineb Farhat aux générations successives de créateurs, soulignant que « El Teatro » fut le premier espace indépendant à défendre l’idée d’un théâtre comme acte de liberté, de responsabilité et d’engagement.

Le public a chaleureusement réagi à cet hommage, ponctué par l’humour caractéristique de Taoufik Jebali. Celui-ci a confié son peu d’enthousiasme pour les cérémonies de distinction, tout en expliquant que son attachement aux écoles indépendantes de formation théâtrale, dont l’École 77, l’avait convaincu d’être présent. Il a également souligné l’émotion particulière de cet événement organisé au Cinémadart, espace lié à la mémoire de son amie, la regrettée artiste Raja Ben Ammar.

Une longue ovation a ensuite accompagne la montée sur scène de la grande dame du théâtre tunisien, Mouna Noureddine. Moez Gdiri l’a présentée comme une artiste accomplie ayant su réunir talent, sincérité, discipline et humanité, jusqu’à devenir une véritable école. Profondément émue, l’actrice a remercié le festival avant d’évoquer avec émotion un singulier clin d’œil du destin : diplômée de l’École de théâtre en juin 1956, elle recevait aujourd’hui cet hommage, soixante-dix ans plus tard, de la part de l’École 77 et de son festival.

La soirée d’ouverture s’est achevée avec la présentation de « Résilience 0.5 », création portée par les étudiants de première année de l’École 77. Cette proposition artistique transforme l’interprète en un organisme vivant explorant les limites du corps, de la présence et de la conscience sur scène. Dans cet espace expérimental, les participants sont invités à une confrontation intense avec eux-mêmes et avec les possibilités de l’expression non verbale, dans une quête de l’essence même de l’acte théâtral. Le spectacle devient ainsi un véritable rituel de formation, révélant le théâtre comme un champ de recherche inépuisable sur l’être humain dans ses manifestations les plus profondes.

Les Journées Théâtrales 77 se poursuivront jusqu’au 20 juin 2026 avec une programmation riche et diversifiée comprenant des spectacles de théâtre et des performances, des masterclasses, ainsi que des ateliers intensifs consacrés à la réalisation cinématographique, au cinéma mobile, à la gestion culturelle et à plusieurs autres disciplines artistiques.

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