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CAWTAR : l’artisanat entre la culture et l’entreprenariat

Dix artisanes Tunisiennes et Italiennes :échanges et partage de savoir-faire

L’artisanat artistique, symbole d’authenticité et de culture, est désormais aussi un lieu de rencontre, de partage et de partenariat. Dix jeunes artisanes,Italiennes et Tunisiennes, étaient au rendez-vous pour découvrir, apprécier et s’inspirer de l’artisanat artistique tant en Tunisie qu’en Italie pour créer et innover.

Cette rencontre a été rendue possible dans le cadre d’un projet d’échange, initié par le Centre de la femme arabe pour la formation et la recherche (CAWTAR)et l’agence spéciale de la Chambre de commerce de Rome  de la formation  entrepreneuriale « Forma Camera ».

Le programme,financé par le Ministère italien des affaires étrangères et de la coopération internationale, a aussi bénéficié d’un appui de qualitéassuré par  l’Agence tunisienne de la formation professionnelle. Le projeta permis aux jeunes artisanes de recevoir une formation en entreprenariat et en réseautage outre le transfert d’un savoir-faire dans différentes spécialités  de l’artisanat artistique: bijouterie, céramique, mode et design.

Les formations, les visites sur terrain et les stages d’immersion au sein des entreprises hôtes, tant en Tunisie qu’en Italie, ontété l’occasion pour ces jeunes artisanes pour porter un regard neuf sur leur profession et discuter avec leurs consœurs des aspects techniques mais aussi des difficultés rencontrées dans la gestion de leurs entreprises ou encore au moment de la création de leurs projets.

Ces différents aspects avaient fait l’objet de sessions de formation. On cite à ce propos, l’atelier, animé par Mme Douja Gharbi, sur l’investissement et les modalités de création d’entreprises,organisé avec l’appui du CAWTAR.

Pour Mme Soukeina Bouraoui, Directrice exécutive de CAWTAR l’importance de ce projet réside dans le fait qu’il a offert aux jeunes artisanes, de nouvelles possibilités pour une intégration plus solide dans la vie professionnelle. Grâce à cette initiative, dix artisanes ont pu s’informer sur les opportunités d’investissement et d’innovation tant en matière d’artisanat qu’en entreprenariat », a-t-elle expliqué.

La tournée de 12 jours des artisanes italiennes dans les différentes villes tunisiennes: Tunis, Carthage, Kairouan, Nabeul, le Bardo, Mahdia, Moknine et Monastir, a ainsi permis à Ella Mazza (céramique) de s’imprégner de la richesse de l’artisanat traditionnel Tunisien. Elle a appelé à la poursuite du projet et a affirmé qu’elle était prête, ainsi que ses collègues italiennes, à apporter main forte aux artisanes tunisiennes. Elle a aussi relevé la dimension symbolique de ce voyage aux sources, qui représente aussi « une ouverture vers l’autre », exprimant le souhait que cette initiative puisse aboutir « à la mise en place d’un nouveau projet à construire et à mener ensemble de par et d’autre de la Méditerranée ».

A cet égard, Mme. Bouraoui a expliqué que « Les visites effectuées par les artisanes Tunisiennes et Italiennes ontaussi permis de prendre connaissance des besoins du marché dans les deux pays. Le projet a apporté une vision panoramique sur les différents aspects du secteur de l’artisanat, de par et d’autre de la Méditerranée,tant dans sa dimension de production qu’au niveau des techniques de marketing», a-t-elle encore souligné.

Dans le même sens, Mme Delia Petacchi, responsable des projets européens à la Chambre de commerce de Rome a relevé que: « Cette expérience visait la valorisation des traditions et du patrimoine artistique des deux pays. C’est un projet qui a favorisé l’ouverture et l’échange de nouvelles idées dans les secteurs de la bijouterie, la céramique et la mode ».Et d’ajouter « le succès de cette expérience pilote a permis de renforcer les liens de coopération et de partenariat avec le CAWTAR. D’autres projets seront développés en commun dans l’espace méditerranéen », a-t-elle assuré.

Pour les artisanes, tant Tunisiennes que Italiennes, l’expérience était fructueuse. « Je suis émerveillée par le savoir-faire des artisans potiers tunisiens qui font émerger de très belles formes de l’argile. Ces œuvres gagneraient à être valorisées par une décoration inspirée du patrimoine tunisien », a affirmé, avec émotion, Grazia Mazza(céramique). Elle a souligné, aussi, son intérêt pour les centres sectoriels de formation professionnelle relevant en particulier la qualité de leurs équipements mais aussi le haut niveau d’encadrement, « bien que nous remarquons, à l’instar de la situation en Italie, une faible présence des apprenants », a-t-elle regretté.

Dans le même sens, Francesca Romei (céramique) a souligné avec émerveillement l’ingéniosité de sa collègue tunisienne tant au plan de la créativité artistique, le savoir-faire entrepreneurial ou encore dans sa posture en tant que femme. « C’est une superbe business women, une jeune artisane qui a su exprimer son amour pour la céramique avec de belles créations en utilisant différentes techniques », a-t-elle dit.

Evoquant sa visite chez les tisserands de Kairouan, la jeune modéliste Valeria Lasalvia (mode et design), a relevé que les tissus traditionnels tunisiens réalisés à partir de matières 100% naturel offrent d’importantes opportunités commerciales. « Il s’agit de produits très demandés sur le marché local et à l’exportation », a-t-elle confirmé. Ces tissus, riches en couleurs avec une texture naturelle peuvent être valorisés grâce à l’élégance d’un design inspiré des costumes traditionnels, a encore souligné Valeria.

Le projet, qui s’est déroulé en deux étapes, avait été entamé par un séjour effectué par cinq jeunes artisanes tunisiennes à Rome. Ces dernières n’ont pas manqué de souligner leur enthousiasme et intérêt pour cette expérience qui leur a permis d’élargir leurs connaissances et de s’informer sur des techniques, équipements et outilspermettant de nouvelles possibilités de créativité et d’innovation. Pour Mariem Kassar (céramique) le voyage en Italie a été aussi une occasion pour constater la similitude des contextes et des difficultés auxquels font face les artisans, en Tunisie et en Italie,que ce soit pour la commercialisation de leurs produits, les conditions de production ou la nature de l’entreprise, qui dans la majorité des cas, demeure une structure familiale.

« Durant les trois jours de formation en stage d’immersion au sein de l’entreprise hôte à Rome, j’ai pu acquérir cinq nouvelles techniques en matière de design que je vais tester le plus rapidement possible, dont en particulier des idées innovantes avec un mélange de la céramique à la verrerie non pas pour la réalisation d’œuvres décoratives mais des objets que nous pouvons utiliser au quotidien », a-t-elle dit.

Pour Aicha Hlila (bijouterie), cette expérience a été très enrichissante en vue de  développer de nouvelles pistes créatives particulièrement en matière de design. « Je tiens à exprimer ma reconnaissance pour l’entreprise hôte italienne qui a été d’une grande générosité et n’a pas hésité à partager son savoir-faire et son expérience en matière de design. J’ai surtout appris à être audacieuse et à ne pas freiner mon imagination pour proposer des idées innovantes. J’ai gardé contact avec l’entreprise hôte car il ya de grandes possibilités de partenariat et de coopération », a-t-elle confié.

De son coté, Selma Bjaoui(….) a relevé que le voyage d’étude à Rome lui a offert l’occasion de s’ouvrir sur une autre culture et de découvrir  un nouveau patrimoine artistique source d’inspiration. « Cette expérience était riche et diversifiée. J’ai pu acquérir de nouvelles compétences dans plusieurs filières telles le design, la mode, la céramique et en particulier dans la bijouterie artisanale et artistique », a-t-elle noté. Et d’ajouter : « Il m’a été, aussi, possible de rencontrer des artisans et des artistes de renommée à Rome durant les trois jours de formation. J’ai pu découvrir de nouvelles méthodes et techniques », citant la cire perdue, le wire avec une tige de métal ou encore l’enfilage des perles et des bijoux avec des matériaux recyclés.

Les participantes au projet, qui avaient été sélectionnées suite à un appel à candidature, ont été toutes unanimes pour appeler à la poursuite de cette expérience. Elles ont aussi recommandé de prolonger, en particulier la durée des séjours de formation, pour permettre un échange encore plus riche en expertises et nouvelles idées innovantes.

Les visites d’étude, tant à Rome que dans les différentes villes Tunisiennes, ont  permis à ces jeunes artisanes de découvrir de nouveaux contextes, de nouvelles techniques, de nouvelles sources d’inspiration mais aussi de faire connaissance avec d’autres professionnelles pour discuter des opportunités de partenariat et d’investissement, de par et d’autre de la Méditerranée.

Selon communiqué

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